Le fil de l'APRIL

Différence entre les versions 7 et version actuelle

Résumé : L'April a pour objectifs de Promouvoir le logiciel libre auprès du grand public, des professionnels, des associations et des pouvoirs publics [...]

Pas de diff disponible.

Tags: fil RSS

L'April a pour objectifs de :

FILRSS

2026-05-12

2026-05-11

2026-05-07

  • 15:06 UTC #275 - Le Parcours libriste de Sarah Trichet-Allaire - « Libre à vous ! » diffusée mardi 28 avril 2026 sur radio Cause Commune

    Libre à vous !, l’émission de l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre. Prenez le contrôle de vos libertés informatiques, découvrez les enjeux et l’actualité du libre.

    Au programme de la 275e émission :

    • sujet principal : le Parcours Libriste de Sarah Trichet-Allaire, informaticienne, ancienne libraire, militante libriste, écologiste et féministe.
    • chronique F/H/X de Florence Chabanois, cofondatrice et présidente de La Place des Grenouilles, intitulée « (se) Décadrer »
    • Une nouvelle Pituite de Luk : « Décideurs en mode échec »
    • Quoi de Libre ? Actualités et annonces concernant l'April et le monde du Libre
  • 08:56 UTC L'April présente aux Journées du Logiciel Libre (JDLL) samedi 30 et dimanche 31 mai 2026 à Lyon
    30 Mai 2026 - 10:00
    31 Mai 2026 - 18:00
    Bannière des Journées du Logiciel Libre

    Journées du Logiciel Libre

    Une nouvelle édition des Journées du Logiciel Libre (JDLL) aura lieu samedi 30 et dimanche 31 mai à Lyon. Lieu de rencontre bouillonnant depuis 1998, les JDLL accueillent le temps d'un week-end les curieuses et curieux de tout bord. Au menu : conférences, ateliers, fêtes d'installation, démonstrations de fablab, activités pour les enfants. Plus d'informations sur le site de la manifestation.

    À cette occasion, l'April sera présente avec un stand dans le village associatif et une intervention.

    Adresse : ENS site Descartes. L'entrée se fera par le numéro 19 de l'Allée de Fontenay (via le bâtiment D8 Buisson) à Lyon. Voir sur une carte.

    S'inscrire pour la tenue du stand April

    Nous avons besoin d'aide pour accueillir le public sur notre stand. Ainsi, si vous avez des disponibilités, n'hésitez pas à vous inscrire ! Il nous faudrait au moins 2 personnes par créneau d'une 1/2 journée. En sachant qu'avoir une équipe de plusieurs personnes permet de se relayer et de profiter de l'événement ;)

    Important : signalez s'il vous plaît vos disponibilités jeudi 21 mai midi au plus tard, cela aidera grandement notre organisation :)

    Intervention de l'April

2026-05-04

  • 13:10 UTC L'April présente avec un stand aux Rencontres Professionnelles du Logiciel Libre (RPLL) mardi 12 mai 2026 à Lyon
    12 Mai 2026 - 09:00
    12 Mai 2026 - 18:00

    Logo des Rencontres Professionnelles du Logiciel Libre (RPLL)

    Organisée par PLOSS-RA (réseau d’entreprises du Logiciel Libre établies en Auvergne Rhône-Alpes), une nouvelle édition des Rencontres Professionnelles du Logiciel Libre (RPLL) aura lieu mardi 12 mai 2026 de 9 h 00 à 18 h 00 au Palais de la bourse Lyon. Le salon s’adresse aux entreprises, collectivités, associations, universités et écoles qui cherchent des solutions à leurs besoins informatiques.

    Le salon est ouvert à tout professionnel. Une inscription préalable (gratuite) est nécessaire pour y accéder.

    Plus d'informations sur le site web de la manifestation.

    À cette occasion, l'April participera avec un stand dans le village associatif.

  • 11:46 UTC Bilan du groupe Transcriptions : 10 transcriptions publiées en avril 2026

    Dix transcriptions ont été publiées au mois d'avril 2026, ce qui correspond à 10 heures et 24 minutes d’enregistrements audio ou de vidéos.

    « Gouverner par le code : les infrastructures d’Internet comme instruments de pouvoir », c'est l'intitulé du podcast La suite dans les idées, du 2 avril 2026. Sylvain Bourmeau échange successivement avec trois femmes.

    Franscesca Musiani, qui dirige le Centre Internet et Société au CNRS, vient parler de son dernier livre, La politique dans les réseaux. Pouvoirs et infrastructures numériques. Elle y relate quatre enquêtes qui ont trait à des objets différents : les noms de domaine, bitcoin, la messagerie Signal et la manière dont un État, la Russie, tente de contrôler la navigation sur Internet et la fréquentation des sites.

    Albertine Meunier, artiste impertinente. Une partie de son œuvre consiste à rendre ses données publiques, une manière de taquiner le système, une sorte de renversement du rapport de force entre nous et tous ces acteurs démesurément puissants.

    Delphine Montagne, wikimédienne en résidence à l’Unité Régionale de Formation à l'Information Scientifique et Technique de Paris, a organisé un editathon avec des chercheuses et des chercheurs. Objectif : sur Wikipédia, que davantage de pages correctement sourcées, éditées, rédigées soient consacrées à des chercheuses, démographes et statisticiennes

    Trois différentes approches concernant des sujets d'actualité. N'hésitez pas à lire voire relire la transcription de ce podcast ].

    La liste des transcriptions publiées au mois d'avril 2026 est disponible sur le site Libre à lire !.

    Participer aux transcriptions

    Rejoindre le groupe Transcriptions de l'April !

    Suivre les publications

    Pour vous tenir informé, consultez cette page.

  • 08:54 UTC Revue de presse de l’April pour la semaine 18 de l’année 2026

    Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

    [l'Humanité.fr] Et si les USA nous débranchaient: «Il faut repenser notre rapport à la technologie», analyse la présidente de l'April (€)

    ✍ Pierric Marissal, le .

    [ZDNET] Requiem pour 300 millions d'ordis: obsèques contre l'obsolescence programmée chez Microsoft

    ✍ Thierry Noisette, le .

  • 06:42 UTC Interview « Il faut repenser notre rapport à la technologie »

    Magali Garnero, présidente de l'April, a répondu à une interview de Pierric Marissal parue le 30 avril 2026 dans le journal L'Humanité intitulée « Il faut repenser notre rapport à la technologie  » (réservée aux personnes abonnées).

    Nous vous proposons ci-dessous le texte de l'interview.

    Pourquoi le logiciel libre est vecteur d’indépendance, voire de souveraineté numérique ?

    Face à l’hégémonie des multinationales américaines (et chinoises) dévoreuses de nos données et privatrices de nos libertés, le logiciel libre est un levier essentiel pour reconquérir notre indépendance numérique, économique et démocratique. Mais cette indépendance ne se décrète pas du jour au lendemain, elle se construit par des choix politiques successifs, des questionnements technologiques et une éducation populaire au numérique. C’est pourquoi l’April se bat, depuis 1996, pour promouvoir et défendre le logiciel libre. Ce n’est pas qu’une question de code ou de licence : c’est un choix de société.

    En garantissant la liberté d’utiliser, d’étudier, de modifier et de partager les outils numériques, on brise les monopoles des acteurs privés sur nos infrastructures. Contrairement aux logiciels privateurs, où l’utilisateur est un simple consommateur captif, le libre place les personnes au centre, en leur redonnant le contrôle sur leurs matériels et leurs données. Cette autonomie est d’abord technique : avec un logiciel libre, une communauté, une entreprise ou un État peut adapter un outil à ses besoins spécifiques, sans dépendre de la bonne volonté d’un éditeur et en améliorant les compétences locales. Mais elle est aussi politique : en refusant l’opacité des algorithmes et la surveillance de masse, le libre permet de construire un numérique transparent et interopérable, où les décisions ne sont pas prises dans l’ombre de conseils d’administration lointains.

    On entend que, pour être souverain, « il faudrait un Google européen ». Est-ce faire fausse route ?

    Il est vrai que souhaiter une « licorne européenne », un champion capable de rivaliser avec les géants états-uniens, est une réponse récurrente face à la domination des géants de la big tech. Malheureusement, cette approche reproduit exactement les mêmes erreurs : centralisation, extraction de données, modèle économique de capitalisme de surveillance. La vraie alternative ne réside pas dans la création d’un nouveau monopole, mais dans la promotion d’un modèle sobre et respectueux des droits fondamentaux.

    Le logiciel libre, couplé à des formats ouverts et à des infrastructures décentralisées (les réseaux partagés ou les clouds autohébergés), offre une voie crédible. Ce modèle permet de réduire l’empreinte écologique du numérique, en évitant les data centers surdimensionnés et les algorithmes énergivores. Il favorise aussi la résilience : en distribuant les données et les services, on limite les risques de censure arbitraire ou de panne généralisée.

    Quel rôle les services publics et la commande publique devraient-ils jouer à ce sujet ?

    Les services publics ont une responsabilité majeure dans la construction de cette autonomie numérique. En tant que premiers financeurs et utilisateurs de solutions logicielles, ils doivent orienter le marché vers des solutions libres et interopérables. La commande publique doit systématiquement privilégier les logiciels libres, non seulement pour des raisons économiques (éviter les surcoûts de licence, les dépendances), mais aussi pour garantir la pérennité des données et la transparence des algorithmes.

    Des exemples positifs existent : la gendarmerie nationale française bénéficie d’une distribution personnalisée, la ville d’Échirolles prône une utilisation raisonnée des ressources informatiques et l’État français propose un catalogue de logiciels libres à son administration et, plus récemment, un espace de travail ouvert et souverain pour les agents de l’État, LaSuite numérique.

    Est-ce qu’une volonté politique peut suffire si on ne change pas les outils que nous utilisons au quotidien ?

    Des projets comme le « cloud souverain » français, s’ils sont louables dans leur intention, restent souvent limités par l’absence de réflexion sur les usages. À quoi bon héberger des données en France si les agents publics continuent d’utiliser Outlook ou Gmail, divulguant ainsi des informations privées ou professionnelles ? À quoi bon légiférer si des ministères (Éducation, Armée, Santé) signent des contrats avec Microsoft ou Amazon ? La transition vers le logiciel libre ne se fera pas seulement par décret. Elle nécessite un travail d’éducation populaire pour apprendre à utiliser ces logiciels qui offrent la plupart des fonctionnalités dont nous avons besoin.

    Leur ouverture est un gage de qualité, de sécurité et de liberté. Il faut aussi combattre l’idée que le numérique ne peut être que centralisé et marchand. D’autres solutions existent : des messageries instantanées comme Tchap ou Element basées sur le protocole Matrix, des suites bureautiques comme LibreOffice, des gestionnaires de courriel comme ceux proposés par l’initiative Démailnagement, des espaces partagés par l’association Framasoft, des services en ligne hébergés par les membres du collectif Chatons, le navigateur Firefox pour surfer sur le Web, des cartes libres maintenues par OpenStreetMap, des encyclopédies comme Wikipédia… Tous ces outils, souvent plus sobres et plus respectueux, prouvent qu’un autre numérique est possible. Celui du partage et de l’entraide.

    Avec des réseaux sociaux qui, non seulement, vendent leurs utilisateurs aux annonceurs, mais poussent aussi du contenu d’extrême droite, n’y a-t-il pas une vraie urgence ?

    Oui, il est urgent de questionner notre rapport aux réseaux sociaux et aux plateformes. La vie en ligne ne doit pas se réduire à une succession de contenus algorithmiquement imposés, toxiques ou addictifs. Le libre permet de repenser nos usages : des réseaux sociaux fédérés, des espaces de discussion autogérés, des outils qui ne nous traitent pas comme des produits, mais comme des personnes respectables. Car le numérique n’est pas neutre. Il peut être un outil d’émancipation, mais aussi un vecteur de surveillance, de manipulation et de contrôle.

    Les dérives autoritaires, la montée des discours fascisants, la concentration du pouvoir entre les mains de quelques milliardaires nous rappellent l’urgence d’agir. Le logiciel libre, parce qu’il permet de reprendre le contrôle sur nos outils, est une réponse à ces menaces. Il ne s’agit pas seulement de remplacer un outil par un autre, mais de repenser notre rapport à la technologie. Un numérique éthique, c’est un numérique libre, donc accessible et transparent. Où les données ne sont pas une marchandise, mais un bien commun. Où la technique est au service de la personne, et non l’inverse.

    Magali Garnero, alias Bookynette.

    Présidente de l'April et membre de Framasoft.

2026-04-30

2026-04-28

  • 07:31 UTC Fin de la 2G-3G : l'April co-signe une tribune publiée dans Le Monde

    L'April a cosigné avec HOP (Halte à l’obsolescence programmée) et une coalition d'associations contre l'obsolescence, une tribune dans Le Monde sur l'arrêt des réseaux 2G/3G, les impacts sociaux, économiques et environnementaux de cette décision privée, ainsi que le manque d’encadrement par la puissance publique.

    La tribune sur le site du Monde

    La lecture de cette tribune est actuellement réservée aux personnes abonnées, vous trouvez plus bas le texte de la tribune.

    L'arrêt annoncé des réseaux 2G/3G entraînera l'obsolescence de millions de téléphones et d'équipements connectés : ascenseurs, automobiles, alarmes, éclairage public, dispositifs médicaux (bracelets antichute, …), équipements agricoles (robots de traite, suivi de l'irrigation), dispositifs d'alerte (vigicrue), etc.

    La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat a lancé, le 10 décembre 2025, une mission d’information « flash » sur les conséquences de l'extinction programmée des fréquences mobile 2G et 3G.

    Le rapport de synthèse déplore le fait que « Les opérateurs de réseau ont décidé, seuls, de leur calendrier d’extinction des réseaux 2G/3G, sans dialogue avec les acteurs des secteurs utilisateurs concernés ».

    L'obsolescence, tant matérielle que logicielle des millions d'équipements concernés, est contraire à nos principes éthiques en informatique1.

    Cet arrêt va impacter des personnes fragiles, des systèmes de sécurité, des collectivités : une réelle coordination des acteurs est indispensable.

    Rappelons que l’empreinte écologique d’un équipement se joue surtout lors de sa fabrication : c’est là que se concentrent les impacts les plus lourds pour la planète, bien avant même son utilisation2.

    Le texte de la tribune

    Arrêt de la 2G et de la 3G : « Nous exigeons des garde-fous »

    Alors que des millions d’appareils devront être remplacés dans les prochains mois, un collectif d’associations déplore les effets désastreux d’une « décision unilatérale des opérateurs privés » et appelle, dans une tribune au « Monde », à une régulation de l’Etat et à une compensation financière prise en charge par les opérateurs.

    A partir de ce 31 mars, les réseaux 2G et 3G seront progressivement éteints par les opérateurs de téléphonie mobile. Cet arrêt met en danger la continuité de nombreux services essentiels pour des millions de Français. Pourtant, les pouvoirs publics ne semblent pas suffisamment prendre la mesure des impacts désastreux de cette décision unilatérale des opérateurs privés de télécommunication Bouygues, Orange, SFR et Free.

    Jusqu’à 12 millions d’équipements en France seraient concernés par cet arrêt de réseaux, et devront être remplacés : aucune solution de mise à niveau n’est accessible. Parmi ces équipements, on compte 2,4 millions de téléphones portables. Mais près de 10 millions d’objets connectés devront être adaptés ou renouvelés, selon une estimation de la direction générale des entreprises : ascenseurs, automobiles, alarmes, éclairage public, dispositifs médicaux dont les services sont parfois vitaux, etc.

    Aucune compensation financière n’est prévue malgré les coûts faramineux de mise à niveau. Le coût de remplacement de ces équipements rendus obsolètes peut retomber sur les utilisateurs et utilisatrices finaux : plusieurs centaines d’euros pour le rachat d’un smartphone, 300 euros en moyenne pour un bracelet antichute, jusqu’à 1 800 euros et une journée d’intervention pour adapter un ascenseur, selon un rapport d’information du Sénat.

    Pour les collectivités, l’adaptation des réseaux d’eau et d’assainissement pourrait coûter 400 millions d’euros. Sans compter le renouvellement de l’éclairage public, qui représente une somme de 900 000 euros pour la seule ville de Lille.

    Cet arrêt de réseau supposera 1,36 milliard d’euros de surcoûts au minimum. Qui devra les assumer ? Les consommateurs, les entreprises, les collectivités, les associations. Aucune aide à l’horizon, ni des opérateurs à l’origine de la décision ni de l’Etat.

    Obsolescence forcée

    Le chiffre alarmant de 1,36 milliard d’euros est malheureusement probablement sous-estimé. Nous déplorons l’absence d’une étude cartographiant l’ensemble des équipements concernés ainsi que les impacts induits. Le diagnostic de l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) reste lacunaire et aurait mérité d’être approfondi pour permettre une réelle mesure de l’ampleur du problème, et donc un encadrement et des compensations adéquates.

    Au lieu d’en profiter pour vendre de nouveaux appareils, nous demandons aux opérateurs de télécoms privés de prendre leurs responsabilités financières, avec, par exemple, la création d’un fond indemnitaire à destination des entreprises, des associations et des collectivités très fortement impactées dans le cadre de la fourniture de leurs services. Permettant ainsi d’éviter la répercussion des coûts sur les usagers.

    Parmi les équipements concernés, on trouve 200 000 bracelets antichute pour personnes âgées. Par ailleurs, aucun véhicule vendu avant 2025 n’est équipé d’un dispositif obligatoire d’appel d’urgence compatible avec la 4G. Cela concernerait plus de 36 millions de véhicules dans l’Union européenne. Les risques pesant sur le lien aux secours sont d’ailleurs nombreux et mal identifiés : on craint des coupures d’appels d’urgence pour certains téléphones, l’obsolescence des bornes d’appel de la SNCF, des dysfonctionnements dans les « bips » des services d’urgence.

    L’arrêt de la 2G et de la 3G implique également de rendre totalement obsolètes l’ensemble des téléphones portables non compatibles avec la 4G. Loin d’être marginale, l’utilisation de ce type de mobile est encore courante chez certains publics particulièrement vulnérables, qui s’en servent comme moyens de communication privilégiés. Rien qu’en 2025, l’association Emmaüs Connect a ainsi distribué plus de 20 000 terminaux de ce type. Autant de personnes sans abri, exilées et/ou victimes de violences qui n’auront demain plus la possibilité de passer des appels ou d’envoyer des SMS dans des situations d’urgence souvent vitales.

    Alors que la fabrication des équipements numériques représente la majeure partie de leur impact carbone, cette obsolescence forcée implique un impact environnemental invisibilisé et conséquent. Les presque 12 millions d’équipements fonctionnels concernés peuvent être parfois très récents, l’arrêt des réseaux n’ayant été annoncé qu’en 2022.

    Désengagement inacceptable

    Le seul renouvellement des 2,4 millions de téléphones supposerait l’émission de près de 200 000 tonnes de CO2, selon les chiffres de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, l’équivalent de près de 22 000 tours de la Terre en voiture thermique.

    Aujourd’hui, l’Etat n’impose que très peu de limites aux opérateurs privés, considérant que cela « ne [relève] pas des prérogatives de la puissance publique ». Ce désengagement, qui est aussi celui de l’Arcep, est inacceptable.

    Nous déplorons l’absence de garde-fous et craignons que la situation actuelle ne se répète d’ici à quelques années. A l’heure où la Commission européenne prévoit déjà le déploiement de la 6G à l’horizon 2030, la 4G et la 5G ainsi que les équipements qui en sont dépendants pourraient bientôt être à leur tour considérés comme obsolètes. La 4G est en effet déjà reléguée au second plan dans certains déploiements, au profit de la 5G. Comment éviter que la 4G, une technologie très adaptée et très déployée, ne devienne obsolète prématurément ?

    L’arrêt de la 2G et de la 3G doit faire précédent. Nous exigeons un encadrement des réseaux par l’Etat, afin de limiter les impacts économiques, sociaux et environnementaux de ce type de décision. La puissance publique, qui attribue le droit d’exploitation des réseaux aux opérateurs privés, a le pouvoir d’effectuer cette régulation, au nom de l’intérêt général et de la sécurité des personnes. Pour qu’ensemble, nous faisions de nos réseaux de véritables biens communs.

    Aurélie Baton, coresponsable de Designers éthiques ; Charlotte Bougenaux, codirectrice d’Emmaüs Connect ; Marie Cohen-Skalli, codirectrice d’Emmaüs Connect ; Alizée Colin, responsable du développement bénévole et des partenariats à La Fresque du numérique ; Didier Duriez, président du Secours catholique-Caritas France ; Antoine Gatet, président de France Nature Environnement ; Marion Graeffly, directrice générale et cofondatrice de TeleCoop ; Manon Léger, cofondatrice et déléguée générale de Latitudes ; Bela Loto Hiffler, fondatrice et présidente de Point de MIR ; Hervé Maurey, sénateur centriste de l’Eure, conseiller régional de Normandie ; Adrien Montagut, codirigeant de la coopérative Commown ; Edlira Nano, administratrice secrétaire de l’April ; Antoine Pesesse, président de Halte à l’obsolescence programmée ; Bastien Faure, directeur de Zero Waste France ; Raquel Radaut, porte-parole de La Quadrature du Net ; Gilles Reeb, cofondateur de Renée ; Thomas Thibault, vice-président Le Mouton numérique ; Tarik Touahria, président de la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France.

2026-04-27

2026-04-24

  • 12:47 UTC L'April participe à une opération collective devant le siège de Microsoft France
    L'April a participé vendredi 24 avril 2026 à une action symbolique collective devant le siège de Microsoft France pour dénoncer la condamnation prématurée de 300 millions d’ordinateurs. L'occasion de promouvoir le logiciel libre.

    Cette action a eu lieu le jour du dépassement français1. Il s'agit d'une mise en scène d'enterrement d'ordinateurs devant le siège de Microsoft France. Action non-violente COP21, Alternatiba, l’April, HOP - Halte à l’Obsolescence Programmée, Que Choisir Ensemble, et Zero Waste France ont uni leurs voix pour dénoncer le gaspillage de masse provoqué par Microsoft.

    Outre une procession funéraire, des prises de parole se sont enchaînées. L'occasion pour l'April de rappeler l’évidence : « Il n'y a pas d'informatique réellement durable et maîtrisée sans logiciel libre »2. Et de faire connaître l'opération « Adieu Windows, Bonjour le Libre ! ».

    Opération « Adieu Windows, bonjour le Libre ! »

    Quelques photos

    Voici une sélection de photos prises par Benjamin Bellamy, disponibles sous licence libre CC BY-SA 4.0. Vous pouvez consulter l'album photo de l'opération.

    .
    Plusieurs personnes qui marchent en portant un cercueil noir Plusieurs personnes debout, une tenant un panneau « Adieu Windows, Bonjour le Libre ! », une autre tenant un panneau « N'enterrez pas vos ordinateurs, libérez-les » et au milieu Étienne Gonnu de l'April tenant un micro
    Un journaliste de l'AFP vidéo qui interview Étienne Gonnu, avec d'autres personnes à l'arrière plan Un panneau « Adieux Windows, Bonjour le libre !» devant l'immeuble de Microsoft avec tout en haut le logo de Microsoft
    Bookynette et echarp marchant tout sourire, Echarp tient un panneau « Adieu Windows, Bonjour le Libre ! », Magali tient un panneau « N'enterrez pas vos ordinateurs, libérez-les » Photo collective de membres April ayant participé à l'opération

    Une vidéo

    L'agence de presse CLPRESS a publié une une vidéo « Fin de Windows 10 : manifestation devant le siège de Microsoft » (18 minutes). L'intervention d'Étienne Gonnu pour l'April est à partir de 9 minutes 27.

    Le communiqué de presse commun

    Ce vendredi 24 avril, jour du dépassement français, des militants organisent un enterrement devant le siège de Microsoft France, pour dénoncer la condamnation prématurée de 300 millions d’ordinateurs. Action non-violente COP21, Alternatiba, l’April, HOP - Halte à l’Obsolescence Programmée, Que Choisir Ensemble, et Zero Waste France unissent leurs voix pour dénoncer le gaspillage de masse provoqué par Microsoft.

    La procession funéraire d’une vingtaine de personnes s’arrête devant le siège de Microsoft. Sur les épaules de quatre porteurs funéraires habillés aux couleurs de Microsoft, un cercueil indique : 300 millions d’ordinateurs. « Nous sommes réunis en ce jour du dépassement français pour dénoncer la condamnation prématurée de plus de 300 millions d’ordinateurs, pour cause de mise à jour incompatible, imposée par Microsoft » annonce la maîtresse de cérémonie. Cet enterrement symbolique rassemble Alternatiba et ANV-COP21, porteurs de la campagne Piratons Microsoft, l’April, qui promeut et défend les logiciels libres, HOP - Halte à l’Obsolescence Programmée, qui se mobilise pour allonger la durée de vie des appareils, Que Choisir Ensemble, association de consommateurs et Zero Waste France, association de lutte contre le gaspillage. Les prises de parole, détaillant les enjeux des différents acteurs de la société civile s’enchaînent, sous forme d’oraison funèbre.

    En ce jour du dépassement français, « nous enterrons le bon sens, celui qui nous éviterait de mettre des ordinateurs encore fonctionnels au rebut. Pour rappel, 800 kg de matières premières sont nécessaires pour fabriquer un seul ordinateur portable ! » déclare Noémie Brouillard, porte-parole de l’association Zero Waste France. Entre le 1er janvier et le 24 avril, la France a consommé toute sa part de ressources naturelles renouvelables que la planète peut régénérer en un an… en seulement 3 mois et demi, donc.

    Le remplacement forcé de ces ordinateurs implique l’extraction d’immenses quantités de ces ressources naturelles, notamment de métaux rares, nécessaires à la fabrication de nouvelles machines.

    « Aujourd’hui, Microsoft enterre le portefeuille des Français forcés de racheter un ordinateur qui pourtant fonctionne toujours » déclare Frithjof Michaelsen, porte-parole de Que Choisir Ensemble. Le 14 octobre 2026, c’est près d’un Français sur dix qui sera impacté par l’arrêt des mises à jour de Windows 10, alors que leurs ordinateurs fonctionnent encore. La raison ? Windows 11, le nouveau système d’exploitation imposé par Microsoft rend obsolètes les 300 millions d’ordinateurs dans le monde pas assez puissants pour supporter ce changement. Les détenteurs d’ordinateurs ne pouvant pas passer sous Windows 11 sont alors forcés d’en acheter un nouveau s’ils veulent éviter virus et piratages.

    « Alors que plus de 50 000 citoyens se sont déjà mobilisés pour dire non à ces pratiques d’obsolescence logicielle, Microsoft poursuit sa logique absurde de gaspillage » explique Julie Caillard, porte-parole de l’association HOP - Halte à l’Obsolescence Programmée. En septembre 2025, plus de 20 organisations s’étaient déjà mobilisées dans la coalition “Non à la Taxe Windows”, et avaient rallié plus de 50 000 personnes à leurs revendications. Si Microsoft a retardé l’échéance de la fin des mises à jour d’un an jusqu’au 14 octobre 2026, ce n’est qu’un sursis pour les utilisateurs et utilisatrices. Le remplacement de machines fonctionnelles entraîne de graves difficultés économiques pour les particuliers, pour le secteur associatif, et un immense gaspillage d’argent public pour les collectivités territoriales, les écoles, les administrations concernées. Selon l’association, pour un département d’1,5 million d’habitants, le remplacement du matériel est estimé à 1,1 million d’euros.

    Dans un contexte géopolitique extrêmement tendu où la dépendance de la France aux géants américains du numérique est problématique, les institutions publiques entament les unes après les autres leur transition vers les logiciels libres. La présidente de l’April, association de promotion et de défense du logiciel libre, rappelle : « Il n’y a pas d’informatique réellement durable et maîtrisée sans logiciel libre ». Pour agir face à Microsoft, Magali Garnero, alias Bookynette, affirme : « Ne jetez pas votre ordinateur ! Prenez le temps de passer à un système d’exploitation libre avec, si besoin, l’aide de communautés libristes participant à l’opération « Adieu Windows, bonjour le Libre ! » Une manière selon l’association de rallonger la durée de vie de son ordinateur tout en préservant son portefeuille, ses libertés et la planète.

    Le mouvement de mobilisation citoyenne pour le climat et la justice sociale Alternatiba et Action non-violente COP21 a adressé une lettre ouverte 10 jours plus tôt à la direction de Microsoft et Microsoft France, restée sans réponse. Leur demande : prolonger les mises à jour de Windows 10 jusqu’en 2030. « Microsoft engrange des milliards de profits, au détriment de ses utilisatrices et utilisateurs, des institutions publiques et des conditions d’habitabilité de la planète. Cela doit changer, Microsoft France peut et doit faire le bon choix », dénonce Aurore David, porte-parole du mouvement. Face à cette situation que l’activiste qualifie de « scandale social, écologique et démocratique », Alternatiba et ANV-COP21 annoncent une vague d’actions sur tous les territoires pendant les 6 prochains mois, réunies sous un mot d’ordre commun : Piratons Microsoft !